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La pratique de la montagne et plus généralement du sport en extérieur implique une phase préliminaire de préparation chez soi. Certaines étapes de cette préparation sont grisantes : choix du parcours sur une carte topographique, achat de matériel technique, repérage des points d’intérêt le long du parcours, repérage des zones de bivouac, etc. D’autres peuvent l’être moins, notamment celle fastidieuse de la préparation de la trousse de secours. Quoi prendre ? Qu’est-ce qui relève du superflu et de l’indispensable ? Quelles sont les questions à se poser pour anticiper les risques ? A défaut de révéler l’utopique recette de la trousse de secours universelle, voici quelques éléments de réflexion pour définir ses besoins et composer une trousse adéquate.

 

 

1. Notion de risque d’un événement

Le risque de faire face à un événement et à ses conséquences se définit par la gravité de l’événement et sa probabilité de réalisation. Plus l’événement est grave et probable, plus le risque est élevé. Certains événements sont rares mais graves (hémorragie, fracture ouverte) alors que d’autres sont bénins mais fréquents (coup de soleil, saignement de nez). La gravité et la probabilité d’un événement varient dans l’espace et dans le temps. Par exemple :

  • le risque de tremblement de terre sera plus important si l’on se trouve près de failles actives ;
  • le risque d’avalanche sera plus marqué en hiver qu’en été, ou dans les Alpes que dans le Morvan ;
  • le risque de contracter la maladie de Lyme via une morsure de tique sera plus important dans l’Est de la France qu’en Bretagne.
 
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Il convient donc d’actualiser fréquemment son évaluation des risques pour les anticiper puis réagir immédiatement et de manière adéquate en cas d’urgence. Sans devenir catastrophiste ou paranoïaque, il est nécessaire d’envisager avant la sortie les risques et les situations auxquelles on sera possiblement confrontés. Cette évaluation porte bien au-delà du choix du contenu de la trousse de secours puisque la réduction de certains risques et de leurs conséquences relève par exemple :

  • du matériel technique : vêtements suffisamment chauds, casque de protection, chaussures adaptées, cordes neuves, chambre à air de rechange ;
  • du choix des aliments et de leur quantité : valeur nutritionnelle et quantité suffisantes, nombre de gourdes, repérage des points de ravitaillement ;
  • du choix du parcours : difficulté adaptée, évitement de zones à risque ;
  • du choix des personnes : aptitude physique, connaissances et expérience.

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2. Trousse de secours et risques prévenus

 

2.1. Pourquoi une trousse de secours ?

La question est simple et tout le monde connaît la réponse ! Pouvoir porter assistance au mieux et au plus vite à une ou plusieurs victimes. Rappelons qu’en milieu isolé ou difficile d’accès tel que la montagne, les pratiquants sont les premiers acteurs :

  • de la sécurité : faire au mieux en attendant des secours, procurer des soins sur plusieurs jours pour réduire une douleur (blessure légère, tendinite, coup de soleil) ;
  • de la garantie d’un minimum de confort : avoir une source de chaleur, une protection contre la chaleur, une protection contre l’humidité, assurer un approvisionnement en eau potable, etc.

La victime à qui il faut porter assistance peut être un compagnon de sortie, un inconnu ou vous-même. Ainsi, même si vous êtes expérimenté(e), que vous partez seul(e) et que vous estimez ne pas être exposé(e) à des risques, avoir une trousse de secours aussi réduite soit-elle pourra toujours aider une personne de rencontre.

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2.2. Quels sont les risques que la trousse de secours permet de réduire ?

La trousse de secours permet de traiter la personne blessée et de réduire les risques inhérents à la situation de blessé : infection, hypothermie, hémorragie, allergie, etc. En revanche, elle ne permet en aucun cas de réduire les risques objectifs – c’est-à-dire les risques liés à l’objet dans lequel on évolue, par exemple le milieu montagnard – tels que les tremblements de terre, le foudroiment, les éléments portés par un vent violent ou encore une chute de pierre.

Le contenu de la trousse doit permettre d’agir dans les trois types de situation suivants qui sont classés par ordre croissant de gravité :

  • Événements fréquents et bénins : il s’agit de la prévention et/ou du traitement des désagréments quotidiens ne conduisant pas à un arrêt de la pratique sportive. Le contenu de la trousse de secours doit permettre de soigner ces blessures et maux sans faire appel à un médecin ou aux secours en montagne. Citons par exemple les ampoules, les coups de soleil, les brûlures liées au frottement, les égratignures, les hématomes, les maux de tête et les soucis de digestion. Sont inclus également les traitements médicaux individuels en cours, la prévention des allergies et des fragilités connues, ainsi que l’hygiène féminine.
  • Événements occasionnels et significatifs : il s’agit de blessures impliquant des soins chez le médecin et pouvant nécessiter l’intervention des secours en montagne ou l’application des gestes de premiers secours. Citons par exemple l’entorse grave ou mal placée (genou, pied, cervicale), la fracture, le saignement abondant, la blessure musculaire ou ligamenteuse (élongation, déchirure, rupture), la plaie ouverte et le malaise unique ou à répétition. Le contenu de la trousse ne permettra pas de traiter la blessure en totalité. En revanche, durant le trajet retour ou en attendant l’arrivée des secours, elle permettra :
    • de limiter la douleur : isolement du blessé et de sa blessure de l’environnement, prise de médicaments antidouleurs, immobilisation partielle ou complète du blessé ;
    • d’assurer un minimum de confort : apport de chaleur ou protection contre le soleil, isolement du froid, gestion de la pluie ;
    • prévenir d’autres risques : infection, hémorragie, hypothermie, engelures.
  • Événements rares et graves : il s’agit de blessures impliquant l’intervention des secours en montagne et l’application des gestes de premiers secours. Contrairement aux événements occasionnels et significatifs, les événements rares et graves ont ici une dimension d’immédiateté d’intervention et engagent la vie du blessé ou une partie de ses capacités motrices ou mentales. En plus de suivre les préconisations des deux types de situation précédents en utilisant le contenu de la trousse, il est nécessaire de surveiller les fonctions vitales du blessé (maintien de la respiration, rythme cardiaque, réflexes), son état de conscience et de le rassurer. La panique peut en effet être un facteur aggravant de la blessure ; par exemple, une hausse du rythme cardiaque en situation de panique peut conduire à une augmentation du volume de sang perdu par unité de temps ou à des mouvements qui aggraveraient un traumatisme déjà présent (fracture, déplacement de vertèbres). Pour faire le bon diagnostic et intervenir efficacement, il est conseillé :
    • de suivre une formation aux gestes de premiers secours telle que la Prévention et Secours Civiques de niveau 1 ;
    • de se tenir au courant des évolutions des techniques ;
    • de s’entraîner régulièrement en situation simulée.

Vous trouverez plus de détails sur ces formations dans la partie 7.5. Les autres gestes qui sauvent de cet article.

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3. Définir les besoins avant une sortie

 

3.1. Les cinq besoins génériques

Selon la Croix-Rouge Française, une personne prévoyante doit être en mesure de satisfaire les cinq besoins suivants en cas d’accident, et ce quelles que soient les caractéristiques de la sortie. Ces besoins sont classés par ordre chronologie d’application :

  • Besoin 1 – Se soigner : retrouver sa lucidité, prendre le temps du diagnostic, arrêter le saignement, poser une attelle, isoler la plaie, restaurer au mieux ses capacités physiques et psychologiques ;
  • Besoin 2 – Se protéger : une fois lucide et apte, il faut trouver un lieu sûr et protégé si le lieu actuel ne l’est pas ;
  • Besoin 3 – Se signaler : être en mesure de se faire repérer par les secours ou d’autres pratiquants de la montagne pour obtenir de l’aide ;
  • Besoins 4 et 5 – Boire puis manger : il est impératif de garantir une bonne hydratation avant une bonne alimentation solide. En effet, on meurt plus rapidement de déshydratation que de faim, et la nourriture solide donne soif. Si les réserves d’eau viennent à manquer, réduire son alimentation solide permet de réduire ses besoins en eau.

Trousse-secours-pharmacie-randonnee-besoins-hierarchie

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3.2. Ajustement de certains besoins : les critères à ne pas oublier

La trousse de secours entre en jeu pour tout ou partie des besoins 1, 2 et 3 de la partie 3.1. Les cinq besoins génériques. Idéalement, le montagnard aimerait avoir à sa disposition une solution pour tous les risques envisagés, mais il s’agit ici de trouver le meilleur compromis « trousse complète – poids – capacité d’utilisation ». Si certains éléments de la trousse sont quasi-inévitables, d’autres restent à définir selon plusieurs critères :

  • Seul ou en groupe : faire une randonnée en groupe implique de définir les risques que le groupe entier est prêt à prendre. Cela nécessite des discussions et des échanges pour connaître les aptitudes, les fragilités et les besoins médicaux de chacun, ainsi que le niveau de confort voulu.
  • Le nombre de personnes : plus il y a de personnes dans un groupe, plus la probabilité qu’un événement se réalise est élevée. Il convient donc d’ajuster les quantités de médicaments et de matériel en fonction, quitte à ce que la trousse à pharmacie soit répartie dans plusieurs sacs.
  • La nature des personnes : s’agit-il d’enfants, d’adultes, de personnes âgées ? Est-ce que ces personnes suivent des traitements médicaux particuliers ? Souffrent-elles d’insuffisances (allergies, diabète, asthme, problèmes de tension) ? Si les adultes connaissent généralement leurs besoins et leurs faiblesses, le manque d’expérience des enfants et parfois leur difficulté à avoir conscience de leurs besoins et à les formuler conduisent à se munir d’une trousse plus conséquente pour faire face à des situations non envisagées spontanément.
  • Les préférences de médication et habitudes : certaines personnes préfèrent se soigner à l’homéopathie, d’autres ont une préférence (ou inversement, une intolérance) pour tel ou tel produit ou molécule, d’autres encore désinfectent systématiquement les plaies plusieurs fois par jour. Il est nécessaire d’ajuster certains médicaments et matériels à ces préférences, sans pour autant en arriver à une trousse complète par personne.
  • La durée de la randonnée : plus la randonnée est longue, plus la probabilité qu’un événement se réalise est élevée. Une randonnée longue conduira aussi à l’apparition de petites blessures d’usure et de fatigue, et à l’impossibilité d’appliquer un traitement autre part que sur le terrain. Par exemple, lors d’une randonnée sur plusieurs jours, il sera impératif de disposer de désinfectant pour traiter une plaie superficielle, alors que celle-ci pourrait être désinfectée au retour d’une randonnée à la journée.
  • Les caractéristiques de l’environnement : les risques ne sont pas les mêmes selon la date et le lieu de la sortie. Hiver ou été ; prévisions d’un temps chaud ou froid, humide ou sec ; évolution en colline, moyenne montagne ou haute montagne ; présence ou absence de falaises ; cyclisme, randonnée ou alpinisme ; bonne connaissance ou non du massif ciblé. Autant de facteurs propres à chaque sortie qui doivent être pris en compte dans la réflexion préliminaire pour constituer la trousse de secours et plus généralement l’équipement (cf. partie 7. La trousse de secours : un élément intégré à son équipement et à ses connaissances).
  • Accessibilité aux réseaux de communication, isolement spatial et fréquentation de la zone : le contenu de la trousse de secours devra tenir compte de la capacité de la personne ou du groupe à entrer en contact avec les secours ou d’autres personnes. Plus cette capacité sera faible, plus la trousse de secours devra être complète et conséquente pour se soigner et se protéger sur une période de temps plus longue.

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4. Liste non exhaustive du contenu de la trousse de secours

Voici une liste des éléments que doit ou peut contenir une trousse de secours. Selon les besoins définis grâce aux critères de la partie 3.2. Ajustement de certains besoins : les critères à ne pas oublier, les quantités seront ajustées et la gamme de produits élargie. Cette liste n’est qu’une suggestion basée sur mon expérience, des discussions avec d’autres montagnards, des préconisations fournies lors de stages de premiers secours et une recherche complémentaire sur Internet. Plusieurs produits et molécules sont cités aussi souvent que possible pour chaque élément de la trousse ; certains d’entre eux sont disponibles à la fois en poudre ou en solution.

 

4.1. Les médicaments

Attention, certains médicaments ne sont disponibles que sur ordonnance.

  • Antiseptique contre les infections : Dakin, Bétadine, Biseptine. Le savon est une bonne alternative, notamment le savon de Marseille.
  • Antalgiques et antipyrétiques contre la fièvre et la douleur : Aspirine, Paracétamol, Ibuprofène.
  • Anti-diarrhéiques : Lopéramide, Péracel, Imodium.
  • Sachets de soluté de réhydratation orale pour enrayer la déshydratation liée à la diarrhée : Adiril.
  • Antiémétique contre les nausées : Primpéran, Vogalène, Droleptan.
  • Antibiotique ou pénicilline à spectre large : Amoxicilline, Augmentin, Clamoxyl.
  • Antihistaminique oral pour réduire les démangeaisons cutanées ou de l’appareil respiratoire liées à une allergie : Cétirizine, Desloratadine, Périactine (effet sédatif plus marqué).
  • Anti-inflammatoire contre les douleurs d’entorse, de tendinite, de dos, d’articulations : Voltarène, Diclofénac, baume du tigre.
  • Pastilles pour un traitement local des maux de gorge : Drill, Humex, Hexaspray.
  • Pansements digestifs pour les maux d’estomac : Gasviscon, Smecta, Spasfon.
  • Sérum physiologique pour laver les plaies et orifices : Physiodose, Physiologica, Mercurochrome.
  • Collyre en dosette pour nettoyer les yeux et les plaies proches des yeux : Distill, Kamillosan, Fluidabak. Le sérum physiologique peut également être utilisé.
  • Gel désinfectant ou solution hydro-alcoolique pour se laver les mains : Purell, Anios, Sanitor.
  • Pastilles désinfectantes pour l’eau : Micropur, Aquatabs.
  • Médicaments personnels : allergies, diabète, asthme, problèmes de tension.

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4.2. Accessoires et matériel

  • Thermomètre : préférer le thermomètre au mercure au thermomètre numérique dont la batterie peut être déchargée.
  • Paire de ciseaux pour couper les compresses, les bandages, les vêtements, la peau ou la chair. Dans les deux derniers cas, il conviendra de désinfecter ou stériliser les lames avant utilisation.
  • Pince à épiler pour retirer les échardes, les épines, les bouts d’ongles incarnés. Il conviendra de la désinfecter ou stériliser avant utilisation.
  • Aiguille sous cutanée ou épingle à nourrice pour retirer les échardes, les épines. Il conviendra de la désinfecter ou stériliser avant utilisation.
  • Gants nitriles pour isoler ses mains du corps du blessé : Nitriskin, GM Equipment, Nitripur. Ces gants permettent de ne pas contaminer un blessé ou ne pas être contaminer. Par exemple, il est impératif de ne pas être en contact avec du sang si le blessé ou le soignant est séropositif et que le soignant a des petites blessures ou écorchures aux mains.
  • Bandelettes et/ou bandes adhésives pour des plaies cutanées : Urgo, Mercurochrome, Hansaplast. Cela peut aussi servir pour prévenir des ampoules ou pour protéger une ampoule déjà formée des frottements.
  • Pansement et/ou coussin compressif pour les plaies hémorragiques (hémorragie externe) : Chut. A défaut, un linge propre peut servir de compresse ; une serviette, une ceinture, un foulard ou une écharpe peut remplacer la partie adhésive du pansement à condition de faire au minimum deux tours du membre.
  • Bande de contention élastique adhésive pour favoriser ou rétablir la cicatrisation sanguine et limiter les mouvements douloureux : Coheban, Elastoplast. Cette bande peut servir à la fabrication d’une attelle de fortune en cas d’entorse ou de fracture.
  • Pansement hydrocolloïde pour améliorer l’hydratation et la résorption de plaies, brûlures ou crevasses : Duoderm, Hydrocoll, Comfeel.
  • Coagulant contre le saignement du nez et des blessures superficielles cutanées : Coalgan.
  • Compresses stériles de différentes tailles : Urgo, Mercurochrome, Hansaplast.
  • Crème solaire et crème contre les brûlures : Biafine, Cicabiafine.
  • Pansements et double-peaux contre les ampoules : Compeed.
  • Sutures adhésives pour rapprocher les bords des plaies peu profondes : Urgo, Leukosan, Mercurochrome.
  • Deux couvertures de survie au minimum : Ylea, Comed, France Neir.
  • Sifflet de secours pour être entendu et repéré : Ylea, Acme, CAO.
  • Moyen de communication en état de fonctionner pour contacter un proche ou les secours en montagne : téléphone portable chargé.

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4.3. Matériel non médical utilisé dans d’autres circonstances

  • Boîte d’allumettes et/ou briquet : stérilisation des aiguilles et épingles.
  • Lampe flash à manivelle pour ne pas craindre une batterie vide : Soulra, Fox Outdoor, Outifrance. Certaines lampes possèdent maintenant un port pour rechercher le téléphone portable (lampe-torche de dynamo de ZR-D02).
  • Sac poubelle pour protéger une blessure, isoler le blessé du sol et gérer les déchets médicaux.
  • Mouchoirs jetables en cellulose comme substituts aux compresses.
  • Bâton de sucre ou morceaux de sucre en cas d’hypoglycémie.
  • Cordelette.
  • Crayon de bois et papier pour noter les informations qui pourront être utiles aux secours : heure de l’accident, heure à laquelle a été posé un pansement antihémorragique, heure de prise et nature des médicaments administrés, etc.

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4.4. Exemples de besoins spécifiques

  • Chaufferettes pour les personnes souffrant d’une mauvaise circulation sanguine dans les extrémités : Grabber, The Heat Company, Bouillotte.
  • Stick à lèvres pour limiter les crevasses : Neutrogena, Dermophile, Mixa.
  • Somnifères à demi-vie courte et bouchons d’oreille pour les personnes souffrant d’insomnies ou sensibles au bruit dans les refuges.
  • Traitement contre le mal des montagnes (MAM) : Celestene, Diamox.
  • Traitement contre le paludisme.
  • Tire-tique.
  • Tampons féminins et serviettes hygiéniques.

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5. Trousse faite maison ou achetée dans le commerce ?

De nombreuses marques proposent des trousses de secours, parfois appelées kit de première aide, first aid kit, catakit ou encore trousse à pharmacie. Voici quelques marques proposant ce type de produits : MediSafe, Securimed, Ylea, Deuter. Ces trousses ne répondront quasiment jamais à vos besoins propres mais constitueront une base solide pour l’élaboration de votre trousse personnelle. Selon les modèles, les marques et les distributeurs, les prix varient de 12 à 45 euros en mai 2015.

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6. Conditionnement de la trousse de secours

  • Organisation générale : la trousse de secours ne doit pas obligatoirement se présenter sous la forme d’une trousse. Cela peut être un zip-lock, un sac plastique soigneusement fermé ou un Tupperware. L’important est qu’elle soit accessible rapidement (haut du sac ou poche latérale), étanche et que toute personne soit capable de la trouver et de trouver ce dont elle a besoin dans les moindres délais. Pour cela, chaque médicament ou groupe de médicaments de même utilisation doit être rangé dans un zip-lock individuel pour être trouvé plus rapidement sans avoir à sortir tout le contenu de la trousse.
  • Contenu des sachets individuels : chaque zip-lock doit contenir une fiche renseignant les informations indispensables à leur bonne utilisation : nom, dosage, usage, posologie, date de péremption, contre-indications. Ce travail paraît long et fastidieux, mais il prend tout son sens dans une situation d’urgence et de stress, et permet de gagner de précieuses secondes parfois synonymes de vie sauvée.
  • Cas de l’hémorragie : le matériel nécessaire à stopper une hémorragie (pansement compressif, bandelettes ou bandes stériles) doit être accessible le plus rapidement possible pour gagner quelques secondes. Il ne doit pas être dans la trousse de secours qu’il faudra ouvrir, mais dans une poche facilement accessible qui ne demande pas d’avoir à retirer le sac à dos (poche à la ceinture par exemple).

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7. La trousse de secours : un élément intégré à son équipement et à ses connaissances

 

7.1. Utiliser tout le matériel à disposition

Comme évoqué dans la partie 1. Notion de risque d’un événement de cet article, une partie des risques d’une sortie en montagne est réduite par des choix judicieux de matériel technique et d’équipement. Durant la gestion d’un accident, ce matériel viendra en complément du contenu de la trousse de secours. Il s’agit de bien connaître son matériel pour l'employer astucieusement :

  • vêtements de rechange pour réchauffer et isoler le blessé, sac à dos comme oreiller ;
  • toit de la tente comme protection contre la pluie ;
  • t-shirt comme pansement ;
  • écharpe ou foulard comme bandage ;
  • piquets de tente comme soutien d’attelle de fortune ;
  • sac poubelle comme k-way ;
  • casque comme récipient possible pour récupérer le sang et les glaires crachés par le blessé (récoltez aussi souvent que possible ces excrétions car elles vous seront demandées pour analyses par les médecins et secouristes) ;
  • casque comme protection locale de la blessure ;
  • savon comme substitut au désinfectant, etc.

Soyez malin et ingénieux pour porter la meilleure assistance possible aux personnes en difficulté.

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7.2. Accessibilité et protection

Les détails sont présentés dans la partie 6. Conditionnement de la trousse de secours. Rappelons ici :

  • que la trousse de secours doit être étanche et accessible rapidement (haut du sac ou poche latérale) ;
  • qu’elle doit être facilement identifiable (présence d’une croix rouge ou blanche sur fond vert) ;
  • que son emplacement doit être connu de tous les membres du groupe ;
  • que son contenu doit être organisé et renseigné pour pouvoir être utilisé facilement et rapidement par toute personne ;
  • que le matériel nécessaire à stopper une hémorragie doit être toujours à portée de main (poche à la ceinture).

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7.3. Un contenu maîtrisé

  • Le contenu de votre trousse de secours doit être en adéquation avec vos connaissances : n’empotez que des produits dont vous connaissez l’utilisation et du matériel que vous savez manipuler. La mauvaise utilisation de médicalement ou matériel peut aggraver une blessure ou en provoquer de nouvelles.
  • Le contenu de votre trousse doit également être maîtrisé dans le temps : vérifiez régulièrement les dates de péremption, le contenu résiduel des flacons et rachetez rapidement les éléments qui ont été utilisés.
  • En cas de doute, de changement de médicaments ou de matériel, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre pharmacien pour avis et conseils.

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7.4. Connaître les compétences médicales et de premiers secours de chacun

Lors d’une sortie de groupe, il est important de faire un bilan initial sur les compétences ainsi que les phobies ou angoisses de chacun (peur de la vision du sang, intolérance à l’odeur de certains produits). Cela permet de définir clairement et à l’avance le rôle de chacun en cas d’accident afin d’optimiser la mise en place des soins.

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7.5. Les autres gestes qui sauvent

Les accidents graves et isolés peuvent mobiliser d’autres connaissances que celles relatives à l’utilisation de médicaments et de matériel : physiologie et anatomie humaine, gestes de premiers secours, gestion psychologique du blessé et des autres membres du groupe, gestion et distribution des rôles, priorisation des actions et hiérarchisation des risques futurs. S’il est impératif d’avoir une trousse de secours, il est tout aussi important d’être bien formé aux gestes de premiers secours et de savoir comment réagir face à des situations d’urgence et de panique. Ces connaissances sont accessibles via des formations, payantes pour certaines, dispensées par des organismes agréés tels que la Croix-Rouge Française :

  • Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) : formation de base aux premiers secours. Au programme : protection, alerte, étouffement, hémorragie, victime inconsciente qui respire, victime en arrêt cardio-respiratoire, malaises et traumatismes. Cette formation dure une journée et coûte entre 50 et 70 euros. Il est conseillé de la refaire tous les trois ans pour être au fait des évolutions des techniques et des connaissances.
  • Initiation à la réduction des risques (IRR) : anticiper les conséquences d’une catastrophe ou d’un sinistre. Au programme : où trouver les informations pour connaître les risques majeurs de son environnement, alerte des secours publics et internes à l’entreprise en cas de sinistre grave, information des populations en cas de catastrophe majeure, mise en place des consignes d’autoprotection, notions de premiers secours, besoins fondamentaux de survie suite à une catastrophe, préparation pour assurer ces besoins, limiter les conséquences économiques de la catastrophe. Cette formation dure une heure et est souvent intégrée au programme de la PSC1.
  • Urgence cardiaque « appeler, masser, défibriller » et accident vasculaire cérébral : agir face à un arrêt cardiaque en utilisant un défibrillateur et agir face à un accident vasculaire cérébral. Cette formation se réalise généralement en intra d’une entreprise ou d’une collectivité. Renseignez-vous auprès de votre employeur.
  • D’autres formations plus complètes ou spécialisées existent : Premiers secours en équipe de niveau 1 (PSE1), Premiers secours en équipe de niveau 2 (PSE2), Initiation aux premiers secours et à la défibrillation (IPSD), Sauveteur-secouriste du travail (SST).

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7.6. La trousse de secours n’est pas une assurance vie

Avoir une trousse de secours et des connaissances sur les gestes de premiers secours permet une meilleure prévention des risques et gestion des accidents mais n’autorise en rien une prise de risque plus élevée. L’anticipation, la discussion et l’adéquation entre activités et capacités des personnes limitent l’oubli d’une mesure de sécurité. La montagne doit rester un plaisir pour tous et le groupe doit s’aligner sur les besoins et les capacités de la personne la moins expérimentée ou qui appréhende le plus.

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8. Bilan : synthèse et check-list

  • Cinq besoins fondamentaux : se soigner, se protéger, se signaler, boire et manger.
  • Vérifier que chacun dispose des capacités nécessaires pour effectuer la sortie.
  • Lister les risques et difficultés potentiels de la sortie.
  • Connaître les besoins de chacun : traitements, intolérances, phobies, préférences de médication.
  • Connaître les compétences en premiers secours et l’expérience de chacun.
  • Définir le rôle de chacun en cas d’accident.
  • Adapter le contenu et la quantité de la trousse de secours selon les besoins de chacun.
  • Ne pas emporter de médicaments ou matériel dont on ne sait pas se servir.
  • Renseigner et organiser le contenu de la trousse de secours pour qu’il soit utilisable rapidement et correctement par un maximum de personnes.
  • Vérifier les dates de péremption et remplacer les éléments usagés.
  • Positionner la trousse de secours de façon à ce qu’elle soit accessible rapidement.
  • Positionner le matériel nécessaire à stopper une hémorragie à portée de main.
  • Avoir des moyens de communication et de signalement en état de fonctionner.
  • Connaître les numéros d’urgence :

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9. Pour aller plus loin …

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